Left or right???

De quelle sensibilité politique êtes-vous? Pensez-vous que cela est universel? Vous penserez la même chose où que vous soyez?
Une personne dans mon entourage m’a toujours dit que « le concept est toujours plus que fort que le contexte ». Ce qui est certainement vrai (l’Iphone marche bien dans plusieurs pays quelle qu’en soit sa culture…).
Toutefois mon expérience (changement de pays de résidence) m’a prouvé le contraire (mais est-ce le cas vraiment?).
Depuis que je me constitue une conscience politique (merci à Zola et à Hugo) celle-ci a toujours été plus ou moins orientée à gauche. A gauche pour l’esprit subversif de la révolution, pour la laicité, la liberté de culte, de pensée et de corps. A gauche aussi pour un Etat un minimum présent. Il faut dire qu’au Maroc cette présence est quasi inexistante (en dehors du Mekhzen et des services policiers). Les villages réussissent à peine à sortir de leur enclavement, le système éducatif va de mal en pis, les routes qui jouent avec des nids de poules, et j’en passe… Au point que les citoyens marocains (riches ou pauvres) font tout pour ne guère payer d’impôts (payer pour que cela aille en détournement de biens publics? Quelle drôle d’idée!!!). Au point que le seul protecteur perçu par les citoyens est le Roi. Le système politique marocain fait de multipartisme (grâce à un génie politique passé dont je tairai le nom :)) brouille toutes les pistes: des conservateurs de gauche, des conservateurs de droite, des libéraux de gauche, des royalistes jusqu’au-boutistes, des conservateurs musulmans (plus que les autres apparemment), des anarchistes, des centristes, voir même des fourre-tout! Un échiquier qui n’en est plus un mais plutôt un gros bordel…
Mon ennui de la vie politique marocaine me poussait à suivre celle de la France (vu que le satellite est toujours branché dessus…). Et de loin, cette envie/promesse de plus d’Etat, de générosité, de redistribution des richesses me semblait fort intéressante et me confortait dans cette croyance que « j’étais de gauche ».
Et pourtant…

Un an après mon arrivée à Paris, de constat en constat, la réalité française (économique et sociale) me frappa. Le décalage entre le discours et une réalité complexe et difficile remet en question mes convictions.
L’omniprésence de l’Etat jusqu’à frigorifier toute initiative individuelle hérissa mon envie de liberté. Le pays avec cette magnifique devise « Liberté, Egalité, Fraternité », sacrifiait la liberté à l’autel d’une soi-disant solidarité difforme et grippée pour un égalitarisme poussée à l’extrême.
Je me suis rendue compte que je tenais plus à ma liberté vu mon histoire personnelle. Une femme marocaine ne peut chercher que ce Graal. Si elle veut réussir elle ne pourra le faire que par elle-même, s’excuser parfois de vouloir le faire. Cela n’est pas « normal » puisque sa conscience est sous le tutorat de ses parents pour passer à celui de son mari. Briser ce schéma est possible (voir de plus en plus commun) mais n’est guère aisé.

La droite française n’est pourtant pas libérale (malgré les tentatives infructueuses de certains). Elle est conservatrice surtout. Mais quel pays peut être plus libéral que la France? Lui qui a produit les plus grands intellectuels libéraux? D’où vient cette rupture? Je retrouve ce que j’abhorrais le plus chez certains compatriotes:

  • Une forme d’aveu d’échec de certains chômeurs marocains de longue date: « faites nous travailler dans la fonction publique ». Faut-il se jeter ainsi dans les bras douillets de la fonction publique comme seul refuge? (je simplifie volontairement, car s’ils en sont là c’est aussi à cause de cet Etat  même qui n’adaptait pas l’offre universitaire à la demande économique).

Avant de se demander ce que peut faire l’Etat pour nous, demandons nous aussi ce que nous devons faire pour l’Etat. Si au Maroc personne ne fait rien pour l’Etat (à part les salariés du privé avec la retenue à la source et les entreprises honnêtes qui paient l’IS (y en a qui le sont pas détrompez vous)), en France les plus « aisés » (20% de la population) ploient sous les impôts.
Peut-on encore parler d’égalité?
J’en doute…
Je suis en tout cas troublée de ce changement de repère… Faut-il prendre une boussole pour en saisir l’essence?

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